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ignorant master



Une fois arrivé à PARIS ,on se fond dans la masse direction les grands magasins .D'abord le PRISUNIC ou on se prend à manger.Chacun notre tour ;on y va quasiment toujours seul,pour la discrétion et pour qu il y en ait un qui garde le contenu du sac de l'autre ,inutile de se faire serrer avec toutes les affaires péta dans la journée.Donc on remplie nos sacs de bouffe ,sandwich ,gâteaux ,yop,jus d'orange,pour tenir .Ensuite on enchaîne avec la fnac pour prendre des jeux vidéo ,des mini consoles game boy,pour revendre au magasin des feujs à république,les seuls qui nous reprennent 10 consoles neuves d'un coup sans demander d'explications.Ils se font une marge de dingue et nous de l'argent facile..Le printemps et les galeries LAFAYETTE pour les habits ,et des multitudes de magasins d'art ou de bricolage pour les bombes.Le quartier des grands magasins autour de saint lazare s' était notre terrain de jeu ,on connaissait toute les sorties ,passages ,recoins.;Tous les inspecteurs en civil ,les vigiles ,les emplacements de caméras.J'ai dut voler des milliers de fois aux galeries sans jamais me faire sérrer.On changeait souvent de tactique,et de cible de vol des que l'on commençait à être connu au rayon hi fi on passait à celui des sports,librairie,fashion,maison..Fallait toujours s'adapter .Trouver de nouveaux "plans".C'était la caverne d'ali baba.Pareil pour le printemps ,là c'était encore pire ,avec gaz on faisait une équipe ou on sortait des lacostes en pagaille,des chaussures de sport ,des blousons,tous les jours ..A une autre époque avec rap vers la fermeture,on passait prendre une cassette vidéo;sa durait 2 minutes chrono ,ils avaient mis le rayon vidéo au sous sol,on allait direct dans le rayon ,on enchaînait et on dégageait dans la foulé.On a dut faire sa quasiment tous les soirs pendant deux ans.Un jour ,ils nous ont serré ,ils avaient changé le chef de la sécu ,un asiatique,il savait qui on était et n'a même pas eut le courage de nous faire la morale,il nous a interdit l' accès au magasin ,menaces sans conséquences ,il nous restait tous les autres .
Comme magasin mythique ,il y avait bien sur le mark et spencer,un libre service pour nous.La bouffe anglaise à volonté ,sandwich triangle poulet ,crevette..pour le midi et le soir poulet tikka en surgelé etc.Certaines fois on prenait notre plat,on le faisait cuire au micro onde qu'ils avaient mis à disposition ,on l' enchaînait et on allait le manger sur le quai de métro ou au parc.Une fois gaz avait sortit un sac de montagne ,à st michel (au vieux campeur),on le remplit de bouffe pour une semaine.Quotidiennement on dépouillait ses magasins ,principalement aux heures de pointes ,entre midi et deux ,ou vers 18h.Mélé à la foule ,rapide et connaissant parfaitement les lieux on rentrait ,prenions ce qu il nous fallait ,et ressortions ,la vitesse ,la décision et la connaissance des lieux nous rendait invisible. .Le quartier des halles était aussi notre cible,au BHV,la corio par dizaine de baranes ,puis par litres au sous sol,à LA SAMARITAINE les krylon;on prenait des grands sacs du magasin aux caisses fermées,on les remplissait de bombes ,environ 40 par personne et on sortait devant les vigiles .Le cartier de st michel aussi avec ses librairies ou on prenait la pléiade à un étage pour aller leur revendre à l'étage du dessus,sa quitté pas le magasin ...Au vieux campeur ,les gore tex au sac à dos ..Je volais tout ,de la bouffe à l'habillement en passant par les produits d'entretien ou la bouffe pour mon chien.On se baladait et la rue et tout se qu'elle contenait était à nous.gratos ,pas besoin de faire la queue en caisse.Un jour, j'avais besoin d'une télé ,je vais au darty de république j'en prends une dans le mur d'exposition ,la débranche et me barre en marchant dans le dos du vigile.J'ai marché le long du canal avec ma télé dans les bras jusqu' à chez sharpé.L'apres midi j'allais à CASH CONVERTER à place clichy me prendre un magnétoscope "au dos".
Chacun volait à sa façon ,selon son caractère ,ses motivations et ses besoins ,et il y avait toujours une compétition entre nous à celui qui prendrait les plus belles sapes ,qui ferait le truc le plus dingue .Comme dans le graff .Certains comme GAZ en faisait des tonnes ,était dans l'esbroufe ,à voler le truc le plus insolite ,se faisant remarquer ,d'autres faisait comme ils pouvaient se sachant surgriller par leur style ou leur tète ,il fait pas bon d'être trop "typé"pour passer scred dans les magasins,pour certains dont moi s'était la discrétion qui prévalait ,personne ne te vois ,tu grilles pas le plan et tu l 'exploites pendant longtemps ,mêler la sagesse à l'audace.
Je te dis pas que s'était "génial" ,mais c'était notre façon de vivre,il était naturel de voler ,pour moi s'était une obligation,je n'avais que ça pour manger ,je péta pas ma bouffe ,je mange pas;je ne vends pas des jeux ou des consoles ou des sapes et je ne peux pas payer mon loyer.Tu en rigoles après ,mais quand tu restes 48heures en gav en plein été à suer à coté d'un tox pour un 501,Sa rend le "jeu" moins fun ,vu comme ça.J'avais le choix j'aurai put allé bosser ..Mais je n'aurai pas eut le temps de peindre la ligne ni d'anecdotes à vous raconter..
(à suivre)



















J EN AI FAIT PLUS QUE BEAUCOUP
MOINS QUE CERTAINS
ET A L HEURE DES CONTES ET
DES CV TRUQUES
J AI PAS ENVIE D T EXPLIQUER
SI TU L AVAIS VECU TU LE SAURAIS
COMME DIRAIT L AUTRE
DES SENSATIONS PLUS QUE D ENUMERER DES ACTIONS
T AS PAS LE TEMPS D EN PARLER QUAND TU LE VIS
ET QUAND TU LE VIS PLUS
LES MOTS SONT PLUS ASSEZ FORT POUR LE DECRIRE
J VAIS PAS TE DIRE QU ON ETAIT 30 DANS UN PODE
ET QUE QUAND LES VIGILES SONT ARRIVES PERSONNE S EST FAIT COURSER
OU QUAND T ETAIS TOUT SEUL ET QUE TU T ES CACHE SOUS LE TRAIN
POUR REGARDER LE MAITRE CHIEN PASSER
TOUT CA J LAI VECU COMME D AUTRES
EST CE QUE LE DECRIRE FAIT DE MOI UN "AUTRE" DIFFERENT?
C ETAIT QUE DE LA PEINTURE
TU L AS JAMAIS DIT CA AU JUGE?
RIEN QUE DE LA PEINTURE ET
TELLEMENT PLUS
QUAND LE MONDE REEL TE RATTRAPE
CERTAINS S Y RACCROCHE
D AUTRES S Y NOIE
MOI ,TOI..
CHACUN SON PARCOURS ET SES EMOTIONS EN RAPPORT
TU PEUX MENTIR FAIRE DE L ESBROUFFE
LA GLOIRE NE SIGNIFIE RIEN
LES SOUVENIRS Y A QUE CA QUI COMPTE
ET TA CONSCIENCE
POUR LES AUTRES QUE DU VIDE..
PSL BLUE TRAIN/"PONT CAR"/1995(photo prise par JERON ou RUN je sais plus,avec mon appareil.Note le sac SAMARITAINE,le meme qui me servait à sortir 30 KRYLON du magazin à chaque fois.Sa te reviendrait à combien toi déja en montana?)


With some hindsight, when i think about all this again, a thing remains as the most beautiful one and it is this heedlessness that haunted us all. This intense and sincere energy, this enthusiasm with a common need of expressing ourselves and give all we had without cheating… all of this made our strength.
If today, my youth stays like a scar on the cheek of my existence, it is due to the fact that this heedlessness declined as the days went on, so much that it became disillusion.
We thought that we were the strongest, that the town was ours, overcoming everything. A separate life where we used to be the kings, where everything was free and of no consequence; working people were poor fools.
We were cheerful, some young dogs unleashed in the streets, doing thousands of damned stupidities without any care. Yet we all had our own demons to fight. This energy that flowed inside us was spread through the city, the stores, the yards… we were tagging everywhere with no respect for anything, unstoppable vandals of the modern times. Groups of 20, 30, even 50 boys on some occasions, more often than not the police did not even intervened, contenting themselves with following us and attending the sacking, they waited for the moment we would be less numerous. Fast, movable, it was “l’aventure” every day and more and more followers were joining us to taste this freedom, we had nothing to lose and got blossomed with this day by day life.
Later on, little by little, we changed. The joints that used to cause laughter made us blasé, the booze that gave us a boost made us pitiless, some of us felt the need of something more to have a ball. We were wild and in the long run the street tamed us, with its own weapons, insidious weapons : drugs, vice, money… Police did the rest. We were not raging, we came to be.
I left when I could not recognize myself anymore. When even graffiti had become secondary. But one does not change just by moving away. I have learned and I still learn every day. I have no regrets...Certainly not. All is a matter of choice. Basically, I have never been closer to freedom than within this heedlessness.



